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: : Vie d’artiste

vendredi 29 février 2008

Flânant rue Lénine, il me vient l’idée de me restaurer. Dans une petite cour, je trouve à la fois le "musée de Verkhniéoudinsk" (ancien nom de Oulan-Oudé) et une gargote. Primo, la gargote. On me présente la carte, je choisis ce que je ne connais pas. Ça me dit vaguement quelque chose : les "posi". Mais j’ai oublié. La patronne demande combien j’en veux. Mettons que ça soit des petits pois : si je dis "dix", c’est ridicule. Et si c’est des poulets ? Bien embêtée, au hasard, je dis : "cinq". Bonne pioche ! On m’apporte cinq énormes raviolis sibériens, fondants, cuits à point, on s’en met partout - ça se mange avec les mains - mais ce n’est pas grave. C’est chaud et parfumé. Avec un thé brûlant.

Le musée, c’est la porte en face. Il y a foule, mais j’achète le billet. Une foule bouriate, exclusivement bouriate. Pas un "visage pâle" [1] dans l’assemblée : je suis un peu dans mes petits souliers (bottes de fermière pointure 40), peut-être que je dérange. Je comprends qu’il s’agit du vernissage de l’exposition d’un artiste oulan-oudéen, un monsieur très timide, très réservé, un peu bigouden. [2] Les discours se succèdent : Monsieur le président de la Chambre de commerce, Monsieur le Maire - un bouriate communiste, Madame la directrice de l’école des Beaux-Arts... Les étudiants. Chacun remet à l’artiste une enveloppe bourrée de roubles, un papier sur lequel est écrit un compliment. Monsieur le Maire insiste sur le chemin parcouru, comme tous les maires de toutes les communes du monde : il y a encore quinze ans, dix ans, aurait-on pu imaginer une exposition d’œuvres comme celles-ci, qui disent ce que nous sommes ? Qui montrent les chevaux, les dombras [3], la steppe, les enfants libres ? Qui disent notre attachement profond au bouddhisme ?

L’artiste s’appelle Anatolii Tsidenov. Il est né en Russie, a passé quelques années en Mongolie, partage son temps entre Oulan-Bator et Oulan-Oudé.

Alors que je tente une sortie discrète, c’est Anatolii en personne qui, me prenant fermement par le coude, m’invite à boire une vodka et à me servir à la table opulente des "zakouski" : toasts au concombre, à la tomate, au caviar, aux champignons, au saucisson... Je lui fais part de ma position délicate de pique-assiette : il m’offre sa carte de visite.

Le soir, à l’hôtel aux informations bouriates de la télé, chaîne locale, je reverrai Anatolii, timide et réservé, à la parole difficile.

Anatolii Tsidenov

Du coup, j’ai à peine vu ce que renfermait le musée : des selles de chevaux, des photos, des ustensiles culinaires. Dans le petit journal du musée, une forte parole : l’histoire est toujours contemporaine.



Bougotak se définit comme un groupe "ethno-rock". La chanson est extraite de l’album "Siberian Tales".


[1Je dis "visage pâle" délibérément : la comparaison entre l’Ouest américain et l’Est lointain de Russie n’est sans doute pas absurde.

[2Vous ne connaissez pas les Bigoudens ? C’est une ethnie française, un peuple-racine installé dans l’extrême-ouest de la France. Pommettes hautes, yeux bridés, on se tient droit, raide, même.

[3Instrument de musique